Maison : Joseph Rhéaume 1906
2559 rue Desjardins
La chaîne des titres :
18 août 1898
Notaire : Louis Bélanger
Vendeur : Dame Hector Desilets
Acquéreur : Robert Liddele, résidant au 995 Dorchester Montréal
Achat de plusieurs lots de terre
04 juin 1906
Notaire : François Georges Crépeau
Vendeur : Robert Liddele, résidant au 701 Dorchester Montréal
Acquéreur : Joseph Rhéaume, briquetier
Achat de quatre lots de terre
Prix de la vente : 1000.00$
Quand Joseph Rhéaume acquit ces terrains en 1906 il n’y avait pas beaucoup de maisons dans ce secteur de la ville ni même d’industries, cependant et c’est probablement ce qui justifia cet achat, il avait la chance de travailler non loin de là à la « MONTRÉAL TERRA COTTA LUMBER CO. » Cette entreprise avait d’ailleurs été fondée par le sénateur Alphonse Desjardins qui fut en autre l’un des grands promoteurs de la ville de Maisonneuve mais c’est son fils Hubert qui dirigeât l’entreprise . Nous connaissons mieux Hubert Desjardins en tant que maire de Maisonneuve car il a dirigé la ville pendant deux mandats, de 1894 à 1901.
La « MONTRÉAL TERRA COTTA LUMBER CO. » se spécialisait dans la fabrication de tuyau en terre cuite qui était utilisé pour protéger l’intérieur des cheminées ainsi que de la brique d’argile, matériau très prisé dans Maisonneuve. Sa place d’affaire était très bien située puisqu’elle occupait un local au deuxième étage du prestigieux BOARD OF TRADE. La fabrique, quant à elle, était située au nord de la rue Pierre de Coubertin entre les rues Pie IX et de Lasalle. Pour fabriquer ces tuyaux et ces briques l’ont puisait directement la glaise dans la falaise en-dessous de la rue Sherbrooke . C’est en 1912 que la compagnie déménagea ses installations dans l’ouest de l’île.
Au premier abord il semble surprenant qu’un briquetier de métier utilise pour lambrisser sa maison une pierre artificielle, d’autant que ce matériau était directement en compétition avec la brique qu’il fabriquait. La pierre artificielle ne fut pas tellement utilisée à Montréal malgré son prix très économique. La présence de nombreuses carrières de pierre calcaire à proximité freina l’expansion de ce nouveau matériau. Cependant le résultat est fort surprenant et donne de la noblesse à la façade. Même le soubassement à été travaillé en bossage en table pour une meilleur harmonisation. Il faut admirer la symétrie et les nombreux détails architecturaux.
Premièrement les portes du rez-de-chaussée avec son imposte traduit parfaitement le goût de la période Édouardienne ( 1901-1914 ). Les quatre consoles ( a ) qui supportent le balcon et le dais peuvent davantage s’apparenter à la fin de la période précédente ( Victorienne 1880-1901 ) . C’est sans nul doute un choix bien spécifique du propriétaire . La corniche avec sa frise ( d ) à motif de feston ( c ) surmontée d’une arcade ( d ) à claire-voie est tout à fait inusitée, il n’y en a d’ailleurs pas de semblable dans toute la ville.
C’est une maison qui fut très bien entretenue par ses différents et peu nombreux propriétaires. Nul besoin d’avoir une photographie ancienne car cette maison n’a pas changé depuis sa construction.
a- Console : organe en saillie sur un mur destiné à porté une charge (réelle ou figurée).
b- Frise : partie verticale de l’entablement comprise entre l’architrave et la corniche.
c- Feston : ornement représentant une guirlande de fleurs et de feuilles liées en elles.
d- Arcade : ouverture en arc;ensemble formé d’un arc et de ses montants ou points d’appui.
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