Maison Pierre Olivier 1916
584-594 rue Vimont
Entrepreneur en construction : Octave Germain
05 décembre 1884
Notaire : Charles Cushing
Vendeur : John Thomas Molson, résidant au 170 rue University
Acquéreur : Charles Théodore Viau, manufacturier, 1280 Notre Dame angle Wolfe
Achat du domaine BEAURIVAGE
07 juin 1910
Notaire : Romulus Lavallée
Vendeur : succession de Charles T. Viau
Acquéreurs : Louis Arsène Lavallée, avocat
Joseph Girard, industriel
Marcelin Wilson, marchand et manufacturier
Joseph Henri Olivier, avocat
Joseph Panneton, marchand
L.J. Odilon Beauchemin, libraire
Michel D. Carroll, agent d’immeuble
Arthur Bastien, marchand
Achat des lots :
Lot : 1-2- 3 et 4 avec maisons de pierre et de brique
Lot : 7-3 avec maisons de pierre et de brique
Lot : 7-5 et 6 sans bâtiment
Lot : 8 le long du fleuve sans bâtiment
Quelques lots de terre sans bâtiment
31 lots de terre de la division 5
Lot : 6 avec maisons et bâtiments
« Mme Viau renonce au droit d’occupation de la maison familiale de feu son mari. »
Prix de la vente : 205 000,00 $
21 juillet 1910
Notaire : Gaspard Dumouchel
Vendeurs : Louis Arsène Lavallée, avocat
Joseph Girard, industriel
Marcelin Wilson, marchand et manufacturier
Joseph Henri Olivier, avocat
Joseph Panneton, marchand
L.J. Odilon Beauchemin, libraire
Michel D. Carroll, agent d’immeuble
Arthur Bastien, marchand
Acquéreur : VIAU LAND HOME COMPAGNY LIMITED
Vente des mêmes terrains
Prix de la vente: 265 200,00 $
05 octobre 1915
Notaire : Joseph Henri Olivier
Vendeur VIAU HOME LAND COMPAGNY LIMITED
Acquéreurs : Herménégil Aubertin et Octave Germain
Achat de deux lots de terre
Prix de la vente : 3 562,50 $ payable avec intérêt de 6%
07 février 1919
Notaire :Joseph Marie Paul Éthier
Vendeur : Herménégil Aubertin, charpentier, 3017 rue Lafontaine
Acquéreur : Octave Germain, demeurant à Deschambault Portneuf
Achat de l’autre partie indivise
Prix de la vente : 8 500,00 $
06 mai 1920
Notaire : Romulus Lavallée
Vendeur : Octave Germain, demeurant à Deschambault Portneuf
Acquéreur : Pierre Olivier, évaluateur, résidant au 72 St Clément
Achat d’une maison
Prix de la vente : 19 300,00 $
20 août 1930
Notaire : Paul Paquette
Pierre Olivier, employé civique, et Dame Marie Hermina Lucena Marcoux, son épouse, tous deux domiciliés au : 4951 Ste Catherine est
Donation à : Mlle Marie Lucienne Jeanne Berthe Olivier, leur fille
-Maison 4951 Ste Catherine angle nord/est de la rue Viau
-Moitié indivise du lot de terre 21-1484 rue Montsabré
-Maison 4967-4983 Lafontaine
-Maison 584-594 rue Vimont
27 décembre 1952
décès de Pierre Olivier
04 mars 1953
Notaire : Albert R. Champagne
Vendeur : Mlle Jeanne Olivier, 4829 Ste Catherine est Montréal
Acquéreur : Dame Léopoldine Lespérance, 6105 35e Ave Rosemont
Épouse de Siméon N. Morin, entrepreneur en construction
Achat des deux maisons 584-594 rue Vimont
Prix de la vente : 28 000,00 $
10 avril 1953
Notaire : Joseph St Germain
Vendeur : Dame Léopoldine Lespérance, 6105 35e Ave, Rosemont
Épouse de Siméon N. Morin, entrepreneur en construction
Acquéreur : Denis Charbonneau
Achat de la maison 590-594 Vimont
Prix de la vente : 15 000,00 $
Il faut tout de suite mentionner que cette maison n’est pas érigée dans les limites de la ville de Maisonneuve mais à quelques mètres à l’est. Comme nous pouvons le voir plus haut sur la chaîne des titres, cette maison fût bâtie sur la ferme de Thomas Molson qui était co-fondateur, avec son frère William, de la Molson Bank. William Molson possédait la ferme voisine de celle-ci. Ces propriétés étaient situées à l’extrême ouest du village de Longue Pointe.
À la mort de William, sa succession offrit le domaine à la Montréal Protestant Hospital pour y construire, en 1880, un centre de repos pour les personnes âgées. À la mort de Thomas, son fils John Thomas vendit la propriété en 1884 à Charles Théodore Viau qui en fit sa résidence principale.

Beaurivage. En arrière plan nous distinguons le George Moore Mémorial Home.
Photographie prise en 1899 par le studio de photographie : Laprès & Lavergne 360 rue St Denis.
Archives : BNQ
Le domaine était splendide avec entre-autres, un grand verger, des terres boisées et même un ruisseau s’écoulant dans le fleuve. La magnifique résidence du nom de Beaurivage mesurait (15 m X 17 m) et se dressait en plein centre de l’actuelle rue Vimont. Elle était de style Second Empire (1865 -1900) mais de façon très exubérante avec ses pignons bulbeux, sa tour d’observation et ses nombreuses saillies. Une végétation luxuriante la dissimulait à la vue des regards et pour s’y rendre nous devions emprunter un long chemin décrivant la forme d’une loupe pour la découvrir finalement tout au bout. Les autres bâtiments dignes de mention qui se dressaient sur le domaine étaient : la serre, l’écurie, le pavillon de thé, une gloriette et la maison du jardinier.
En 1910 la veuve Viau vendit les derniers terrains encore disponibles dans Viauville ainsi que les terrains de cette ferme incluant le domaine Beaurivage. Elle emménagea sur la rue Sherbrooke entre les rues St Denis & Berri. Pendant le percement des rues et le lotissement des terres avoisinantes, la résidence fut louée quelques années et finalement démolie vers 1919.

La lettre : A désigne l’emplacement de la résidence du domaine Beaurivage. Devant, nous apercevons le sentier en forme de loupe. Les rue Ste Catherine et Vimont ne furent percées qu’en 1912.
La lettre : B désigne la maison Pierre Olivier bâtie en 1916. Nous voyons clairement que pendant quelques années Beaurivage en obstruait sa façade.
La lettre : C désigne la résidence de William Molson
Ce plan fut exécuté à partir du « Fortifications Surveys de 1868-1869 »
ANC, Ottawa NMC-52217
L’entrepreneur en construction Octave Germain, ne fut pas reconnu pour ses nombreuses réalisations comme bâtisseur mais bien comme échevin au conseil de ville de Maisonneuve. On retiendra de lui qu’il s’opposa farouchement, en 1913, au Maire Alexandre Michaud, contre l’emprunt d’une somme élevée dans le but d’acquérir des terres pour en faire le Parc Maisonneuve. (1) Après la défaite aux élections municipales du 1er février 1915, il quitta la vie politique et en 1918, se retira à Deschambault dans le comté de Portneuf.
C’est en 1915 en pleine guerre mondiale, qu’il acquiert, avec le menuisier Herménégil Aubertin, ces deux terrains. Les travaux vont bon train et tous les appartements sont déjà loués en 1916. De par sa grande sobriété, cette maison témoigne parfaitement du style qu’empruntaient les maisons à la fin de la période Édouardienne (1899-1918 ). Le temps n’était plus aux extravagances de la période Victorienne (1837-1901), la sobriété était au goût du jour.
Il faut remarquer que sa façade est lambrissée entièrement d’une pierre bouchardée (a) de bonne qualité, généralement utilisée pour les bâtiments d’envergure. Il faut savoir aussi, puisqu’elle ne se situait pas dans les limites de Viauville, que ses propriétaires n’avaient pas l’obligation d’utiliser la pierre pour la façade et auraient pu utiliser uniquement la brique.
Les fantômes (b) encore apparents sur la pierre nous indiquent que les rampes étaient en bois et de forme assez massive. Leurs montants se terminaient par des globes de 20cm de diamètre.
La seule porte encore d’origine, est celle de droite, au rez-de-chaussée. Elle aussi témoigne bien de la période Édouardienne avec sa longue vitre couvrant plus des trois quarts de la superficie. Le fin bandeau à motif « d’oves et de dards » (c) nous rappelle celui de la maison du notaire J. Théophile Legault construite en 1914 (voir : rue Lasalle, maison J. Théophile Legault) . Ils viennent probablement tous les deux de la même manufacture.
Pour couronner le tout, une simple corniche (d) de tôle sans aucun motif.
En guise de conclusion, cette maison fut bâtie avec une cave de plus de 2,66m de haut et pour y accéder une large porte à l’arrière. C’est très inusité et avant-gardiste pour l’époque, ce genre de bâti ne fut généralisé qu’à partir de 1927.
Notons également qu’aucun des deux bâtisseurs n’a habité cette maison.
a- Boucharde : marteau de tailleur de pierre avec deux têtes dotées de pointes de diamant.
Bouchardé : a- travaillé à la boucharde.
b- Fantôme : empreinte laissée sur une paroi ( bois, pierre ) nous rappelant l’existence d’élément architectural qui a disparu depuis.
c- Ove : ornement en forme d’œuf utilisé en architecture, en orfèvrerie, souvent accompagné de lancettes ou de dards.
1 Linteau Paul André MAISONNEUVE Comment des promoteurs fabriquent une ville, Boréal Express 1981 |